Il faut voir le bon côté des choses : le retour des pucerons marque le retour du printemps au sens phénologique. Quand les pucerons arrivent, c’est la saison du jardinage qui bat son plein. Mais voilà peut-être la seule chose positive que vous pouvez en tirer. Pour la plupart des balcon-jardiniers, les pucerons sont une plaie et un fléau redoutés. Dans cet article, nous allons donc tout d’abord faire connaissance avec l’ennemi numéro 1, puis apprendre à le tenir en échec et finalement tenter de vivre avec.

Qui sont les pucerons ?

Les pucerons sont de minuscules insectes de la famille des Aphidoidea. Il en existe environ 3000 espèces, mais bonne nouvelle, seulement 10% d’entre elles sont considérées comme nuisibles. On en trouve de différentes couleurs, les plus courants sur mon balcon-jardin étant les noirs, les verts et les rouges.

Ils ont malheureusement la mauvaise habitude de se nourrir de la sève des plantes en les affaiblissant de cette façon. Par ailleurs, leurs déjections, le miellat, une substance riche en sucre, favorise l’apparition de maladies cryptogamiques, notamment la fumagine. Enfin, ils peuvent transmettre des virus souvent plus fatals aux plantes que les pucerons eux-mêmes.

Dans la plupart des cas, ils n’ont pas d’ailes et sont donc relativement peu mobiles. Mais la nature n’étant pas dépourvue de ressources, ils peuvent au besoin produire des individus ailés à la génération suivante. Ils ne sont pas particulièrement difficiles et parasitent pratiquement toutes les plantes même si je n’en trouve jamais par exemple sur les aromates méditerranéens et les tomates apparemment peu à leur goût.

Enfin, ils se multiplient très rapidement, à raison d’une nouvelle génération par semaine. Ils ont le don d’apparaitre d’un seul coup au début du printemps dès que les températures se réchauffent. Les œufs pondus avant l’hiver « se réveillent » et la nouvelle génération de pucerons est prête à attaquer la nouvelle saison.

Comment les reconnaitre ?

Les pucerons ont une faiblesse, ils sont assez faciles à identifier. Les premiers symptômes sont souvent des feuilles déformées, enroulées. Visiblement, la plante s’affaiblit. En y regardant de plus près, vous apercevrez le miellat, une substance collante qui se dépose sur les feuilles. Enfin, les colonies de pucerons sont bien visibles, en particulier sur le dessous des feuilles jeunes et tendres et sur les boutons floraux.

En plus de l’affaiblissement des plantes et de la transmission de maladies déjà évoqués plus haut, une attaque massive de pucerons a de nombreux inconvénients. Les boutons tombent et les fleurs se font plus rares. Cela réduit évidemment le « rendement » des plantes, qu’elles soient ornementales ou potagères. Enfin, si vous cultivez des légumes feuilles, l’idée de retrouver les pucerons dans votre assiette n’est pas vraiment appétissante.

Pourquoi mes plantes sont-elles attaquées par les pucerons ?

Avant de sauter sur le premier insecticide qui passe et de céder à l’instinct d’extermination, essayons de comprendre pourquoi les pucerons viennent coloniser vos plantes. Il s’agit de bien comprendre l’ennemi pour mieux limiter les dégâts qu’il provoque.

Les pucerons sont bien souvent non pas la cause (unique) de l’affaiblissement des plantes mais plutôt un symptôme. Une plante déjà affaiblie par des soins non adaptés, le manque ou l’excès d’eau ou tout simplement un mauvais emplacement sont des proies toutes trouvées pour ces minuscules prédateurs. Typique pour une invasion de pucerons est également un substrat trop riche, surtout en azote. Celui-ci contribue au développement des « parties vertes » de la plante (les tiges et les feuilles). Un excès d’azote fait pousser les plantes vite mais les tissus deviennent tendres et fragiles, bref des proies faciles pour les pucerons.

Limiter les attaques de pucerons

Le choix de ce titre n’est pas un hasard. Il s’agit bien ici de limiter la prolifération des pucerons et non pas de les exterminer tous jusqu’au dernier. Vous ne trouverez donc rien ici sur l’usage d’insecticides chimiques. Avant même d’avoir recours aux insecticides naturels, il existe d’autres méthodes à essayer, plus respectueuses de la nature et de son équilibre.

Une réaction rapide

Le plus important dans la lutte contre les nuisibles et maladies est de réagir rapidement pour éviter l’invasion de votre balcon jardin. Si possible, commencer par éloigner les plantes touchées de celles non atteintes. Comme nous l’avons déjà vu, les pucerons sont peu mobiles et ne peuvent pas se déplacer plus loin que quelques centimètres.

Une fois le mal identifié et la certitude acquise qu’il s’agit bien de pucerons (ils sont assez faciles à reconnaitre), vous pouvez chercher le remède approprié.

Les premiers secours

Si l’invasion est massive, il est important de soulager la plante touchée rapidement pour limiter les dégâts. Vous pouvez la déplacer facilement ? Placez la dans votre évier ou dans votre baignoire et faites-lui prendre une bonne douche, en essayant de ne pas noyer la terre.

Si la potée est trop lourde ou encombrante pour être déplacée, munissez-vous de feuilles d’essuie-tout mouillées d’un peu d’eau et enlevez les pucerons à la main. Regardez bien sous les feuilles et prenez garde de ne pas transporter les pucerons là où il n’y en avait pas avant (prévoyez plusieurs feuilles de papier).

Cette première mesure est souvent suffisante pour permettre aux plantes attaquées de reprendre des forces. Elle peut être répétée aussi souvent que nécessaire.

La lutte et l’équilibre biologiques

Une fois vos plantes sauvées, vous pouvez prendre patience et observer si un équilibre naturel entre proies et prédateurs se met en place. Les pucerons font partie des mets préférés des coccinelles, mais sont aussi appréciés des larves de syrphes, de chrysopes et des araignées. Les insectes se font parfois rares sur les balcons. Des fleurs riches en nectar et en pollen et si possible des hôtels à insectes peuvent contribuer à les attirer. De plus, on peut désormais également acheter des insectes sous forme de larves.

En misant sur la diversité de votre balcon-jardin, en privilégiant les mélanges légumes -fruits-fleurs, vous ne rendrez pas seulement service aux insectes mais réduirez aussi les attaques de pucerons. Ils ne sont certes pas tous spécialisés mais ont tout de même leurs préférences.

Déterminer les causes de l’attaque

Comme nous l’avons vu plus haut, une attaque de pucerons est souvent signe d’un déséquilibre et de soins peu appropriés. Essayez donc de déterminer pourquoi les pucerons s’attaquent à vos plantes : sont-elles placées au bon endroit ? Ont-elles trop peu de lumière ou souffrent-elles au contraire de la chaleur ? L’avantage du jardinage en pot est que vous pouvez (dans une certaine mesure) déplacer les pots de façon flexible. Le sol est-il trop riche ? Dans ce cas, cessez les apports d’engrais. Enfin, sachez que des plantes adaptées au climat et à l’exposition de votre balcon auront beaucoup plus de chances de résister à une attaque de pucerons.

Pour renforcer des plantes affaiblies, vous pouvez avoir recours à des décoctions d’ortie (qu’on trouve sous forme de concentré), et en prévention de prêle (sous forme de tisane par exemple) ou d’ail.

Les insecticides naturels

En dernier recours, il existe des moyens de lutte relativement neutres pour l’environnement, même s’ils ne sont pas toujours anodins. Parmi les méthodes douces, on compte des pulvérisations de thé noir ou d’origan :

  • Thé noir : 2 sachets pour 1l d’eau, à laisser infuser 15 min.
  • Infusion d’origan : laissez infuser 15-20 min 10g d’origan séché dans 1l d’eau. Diluez à raison d’1 part d’infusion pour 2 parts d’eau.

Le savon noir (1 cuillère à café de savon noir liquide pour 1l d’eau) est un grand classique dans la lutte contre les pucerons mais peut nuire aux insectes auxiliaires. Utilisez toujours un produit sans additifs chimiques et évitez d’en mouiller le substrat. L’huile de neem, elle aussi très efficace, peut nuire aux larves d’abeille et ne doit donc être utilisée qu’avec extrême parcimonie.

Les pucerons, si haïs des balcon-jardiniers sont embêtants mais finalement assez faciles à maitriser. Sur une surface assez petite, comme sur un balcon, il est généralement possible d’en contrôler le nombre sans avoir recours à des insecticides, qu’ils soient naturels ou chimiques. Je vous invite donc à tester les méthodes présentées ici. N’hésitez pas à partager les idées qui marchent aussi pour vous dans les commentaires ci-dessous.

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