Quand les journées rallongent et que le soleil nous chatouille le bout du nez, les heureux propriétaires d’un balcon ou d’une terrasse ont soudain des envies de potager en pot… Nous autres citadins sommes souvent plantés (héhé) à longueur de journée devant nos écrans. Quoi de plus naturel que de vouloir sortir de cet univers virtuel et présenter au monde entier le résultat de notre labeur. Pourtant, cultiver un potager sur son balcon ne s’improvise pas. Du moins pas complètement… Et pour vous aider à ne pas commettre ces erreurs classiques, j’ai concocté pour vous un petit best-of des méthodes infaillibles pour rater son potager en pot.

1. Ne pas tenir compte de l’exposition de son balcon

Dans cette vidéo (que vous trouverez également sous forme de podcast), je vous présentais les critères à prendre en compte pour bien choisir vos plantes. Le potager de balcon ne fait pas exception à ces règles. Ainsi, la méthode la plus sure pour rater son potager en pot est de choisir des plantes qui ne sont pas adaptées aux conditions climatiques et surtout à l’exposition de votre balcon.

Les plantes potagères sont pour la plupart des adeptes du soleil. Cela ne veut pas dire qu’elles supportent toutes le cagnard de midi, surtout dans le sud. Peu de plantes, en fait, supportent une exposition trop forte au soleil. Observez la luminosité sur votre balcon et déterminez si votre situation est ensoleillée, si vous êtes à la mi-ombre ou à l’ombre. Enfin, tenez compte de vos observations pour choisir vos cultures.

2. Ne pas choisir des variétés adaptées

Il existe un nombre infini de variétés de plantes potagères. Il y a vraiment de quoi s’y perdre. Heureusement, les horticulteurs ont découvert le marché des jardiniers citadins. Ils développent de plus en plus de variétés adaptées à la culture en pot.

Si vos variétés ne sont pas forcément dédiées à la culture en pot, considérez les critères suivant :

  • Les variétés adaptées sont de plus petite taille que les variétés à cultiver en pleine terre. Elles ne vont ni monter jusqu’au plafond ni s’étendre sur toute la largeur de votre balcon (sauf si c’est l’effet recherché)
  • Elles ont une période végétative relativement courte. Cela veut dire que la plante pourra se développer du semis à la récolte (pour les annuelles) en une saison. Pour certaines espèces (en particulier les légumes feuilles), elles devront même se dépêcher d’arriver à maturité avant les grandes chaleurs de l’été.
  • Elles correspondent à votre saison de plantation : certains légumes (comme les légumes feuilles, encore eux ! mais pas que) se plantent soit au printemps, soit à l’automne. Mais attention : il s’agit de variétés différentes. C’est en général marqué sur les paquets de graines.

3. Ne pas tenir compte de la taille des plantes à maturité

Vous les connaissez sans-doute. Ces petits pots d’aromates vendus au supermarché. C’est bien pratique pour avoir des herbes fraiches sous la main. Bizarrement, malgré des soins assidus, ces plantes commencent à dépérir après quelques semaines. Quand on pense que l’écart entre deux plants de persil devrait être de 10cm (c’est à peu près la taille du pot…) ce n’est pas vraiment étonnant, non ?

Sur un potager de balcon, la place est limitée et c’est bien légitime de vouloir optimiser l’espace. En associant des plantes complémentaires et en utilisant les pots et bacs plusieurs fois au cours de la saison, on peut déjà obtenir de bons résultats. Mais n’oubliez pas que vos petits plants ont besoin d’espace pour arriver à maturité sans se faire concurrence et ne plantez pas trop serré.

4. Acheter un substrat de mauvaise qualité

Photo : Neslihan Gunaydin sur Unsplash

Si vous devez choisir entre des contenants super design ou un substrat de qualité pour votre potager en pot, il n’y a pas photo. Investissez dans du terreau de qualité. Vos petits légumes ne vous en voudront pas s’ils n’ont pas le potager surélevé dernier cri. Mais dans un terreau de mauvaise qualité, pauvre en éléments nutritifs ou qui perd sa cohérence trop vite, vos plantes potagères ne pourront pas se développer correctement. Investissez dans un terreau horticole ou un terreau spécial pour pots et jardinières. Pour les aromates et les semis, moins gourmands, misez sur un terreau à semis.

5. Négliger l’arrosage

Nous l’avons vu plus haut, la plupart des plantes potagères aiment le soleil. Mais voilà, sauf exception, elles ont également besoin de beaucoup d’eau. D’ailleurs, plus il y aura de soleil, et plus elles auront soif. Si certaines plantes comme les tomates vous pardonneront (dans une certaine limite) de les avoir oubliées une ou deux fois, d’autres ne s’en remettront pas.

6. Laisser les nuisibles proliférer

Enfin un sujet devant lequel tous les jardiniers sont égaux ! Ou presque… Tout potager qui se respecte, s’il est tant soit peu naturel, va attirer comme un aimant toute une pléthore d’insectes nuisibles. Vous n’aurez pas forcément les mêmes que dans un jardin. En général, les escargots, limaces et fourmis ne sont pas trop un problème sur le balcon. En revanche, vous ferez connaissance avec les pucerons, les aleurodes et autres acariens.

Même si la panique n’est pas de mise, ne laissez pas ces trouble-fêtes proliférer. Surveillez régulièrement vos cultures et réagissez rapidement. Dans ce domaine également, il vaut mieux prévenir que guérir, et de bonnes conditions de culture vous éviteront bien des déboires. Et plus vous réagirez vite, et plus les mesures nécessaires seront inoffensives (comme par exemple une bonne douche sur un plant attaqué par les pucerons). Mais ne tombez pas non plus dans l’hystérie Tout est dans la mesure et deux pucerons ne vont pas anéantir vos cultures…

7. Ne pas respecter les associations de culture

Le sujet des associations de cultures potagères est pratiquement une science où les débats sont parfois menés de façon émotionnelle… Rentrer dans les détails dépasserait donc le cadre de cet article. Pour vous, les jardiniers en pot, il est important de retenir 3 choses :

  • Si vous cultivez plusieurs espèces dans un même contenant, prenez soin de choisir des plantes aux besoins similaires ou complémentaires. D’ailleurs, ce conseil est valable pour toutes les plantes, qu’elles soient potagères ou ornementales. Pour en savoir plus, je vous invite à consulter cet article sur le choix des plantes.
  • Pour les cultures mixtes, c’est-à-dire, simultanées dans un contenant, consultez un tableau des bonnes et mauvaises associations au potager.
  • Pour les cultures effectuées les unes après les autres, sans changer le substrat, respectez en plus les règles concernant la rotation des cultures.

J’espère que cet article vous aidera à éviter les erreurs communes quand on commence un potager en pot. N’hésitez pas à partager vos erreurs passées et vos expériences dans les commentaires. Nous pourrons tous en tirer des enseignements.

Grande photo : Zoe Schaeffer sur Unsplash

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