En abordant le sujet fort délicat et controversé du moment idéal pour les semis, j’ai conscience que je ne vais pas me faire que des amis… Faut-il donc semer en mars pour réussir son balcon-jardin ? C’est ce que vais essayer de débrouiller dans ce nouvel article. Laissez-moi vous donner mon avis sur la question

Une petite anecdote

Si vous avez décidé de vous lancer dans le jardinage sur votre balcon, vous avez sans-doute déjà fait le tour de quelques forums ou de quelques groupes sur les réseaux sociaux. Peut-être avez-vous-même consulté quelques blogs bien informés (comme mon-balcon-jardin 😉 ). En particulier si un potager de balcon vous tente, vous avez dû remarquer que le sujet des semis est omniprésent. La preuve, j’ai moi-même fait récemment un nouveau podcast sur ce thème. C’est pour dire…

Acte premier

Curieuse comme je suis, je me suis également pas mal promenée sur la toile ces derniers temps, météo un peu tristoune oblige. Le résultat : panique ! Malgré tous les bons conseils (y compris les miens), je n’ai pas encore terminé mon plan de culture. C’est quand même gonflé, j’ai eu tout l’hiver pour ça ! Je me suis donc enfin bougée les fesses et j’ai fait l’inventaire de mes graines. Prise de frénésie, j’ai passé commande chez mon pépiniériste préféré pour me procurer de nouvelles semences biologiques et reproductibles pour des variétés adaptées à la culture en pot. Et là, horreur. Délai de livraison, 20 à 25 jours. Cela signifie que mes graines n’arriveront que début avril. Ma saison de jardinage est déjà ratée avant même d’avoir commencé ! Comment cela a-t-il pu m’arriver, à moi ?

Vous pouvez trouver la date idéale des semis sur les paquets de graines
Photo par Eco Warrior Princess sur Unsplash

Acte second

En ce début de semaine, les températures sont en chute libre. Dans le doute, je place mon romarin tous les soirs à l’abri pour le protéger des légères gelées nocturnes. Ce serait dommage, il est déjà en boutons. Samedi après-midi, je convaincs ma petite famille de faire un crochet sur le chemin de retour de notre randonnée pour faire un passage à la jardinerie. Zut, on arrive trop tard, c’est déjà fermé. Décidément, la situation ne s’arrange pas…

Lundi, deuxième essai avant d’aller chercher ma fille à l’école. Il faut que j’y arrive, les semaines passent et je suis en retard. Cette fois, la jardinerie est ouverte. Petit tour entre les étals… J’ai besoin de quelques fleurs de printemps (dont j’ai parlé ici) pour égayer mon balcon et un carex viendra compléter une de mes nouvelles compositions.

Pour le reste, bonjour tristesse ! Il n’y a pas encore de fraisiers. Début avril, me dit mon jardinier… Les plantes à la jardinerie ressemblent encore en grande majorité à celles que j’ai oublié cet hiver sur mon balcon. Ici, coup de tonnerre, illumination : ah, oui, c’est normal, alors, ce n’est pas ma faute ! Et est-ce que ça valait vraiment la peine de braver les éléments (j’exagère un peu, mais le printemps, c’est autre chose…) pour ça ?

Morale de l’histoire :

Stop, on arrête tout ! Nous sommes début mars. Et non, il n’est pas encore trop tard pour faire ses semis ou pour commencer à jardiner sur son balcon. Au contraire ! Petit coup d’œil sur les paquets de graines : la plupart des semis peuvent encore se faire en avril, voire en mai. Et le choix de plantes disponibles à la jardinerie (ils savent ce qu’ils font quand même) me confirme ce que la météo me suggérait déjà. Il est définitivement encore trop tôt pour inaugurer la saison de jardinage.

Je ne dis pas qu’il est impossible de faire quelques travaux préparatifs, surtout si le temps le permet et si ça vous fait plaisir. Mais ne vous laissez pas stresser par les fanatiques des semis de mars ou des jardinières fleuries en plein hiver. Le printemps n’a pas encore commencé et rien n’est perdu ! Voilà, il fallait que ça sorte…

Pourquoi semer en mars n’est pas (toujours) une bonne idée ?

Mais d’où vient donc cette tendance de commencer à faire les choses de plus en plus tôt ? Je soupçonne d’abord une stratégie commerciale derrière cela, même si ce n’est que mon avis personnel. C’est comme pour les cadeaux de Noël placés en magasin après la rentrée des classes… Qui va vendre ses graines en premier ? Qui ses fleurs ? Ou qui va écrire le premier article sur les semis (mea culpa…).

Un petit rappel : le jardinage n’est pas un sport de compétition. Ici, pas de médaille d’or pour celui qui va « plus vite, plus haut, plus fort ». Alors on se calme et on regarde un peu les faits.

Les conditions idéales pour les semis

En soi, et pour beaucoup d’espèces, faire des semis est économique et pas très compliqué. En plus c’est rigolo et ludique. Alors, je comprends bien qu’on ait hâte de commencer. Pourtant, pour des semis réussis, il faut que quelques conditions soient réunies.

Parmi ces conditions, la température et la luminosité sont d’une importance cruciale. Si les températures sont trop basses (et je parle plutôt de la température de la terre que de celle de l’air) les graines ne germent que lentement, voire pas du tout. Et si la luminosité est insuffisante, les semis s’étiolent et ne font que des plantules rachitiques et malingres.

Pour qui n’a pas ni serre ni châssis à sa disposition (ce qui est souvent le cas quand on jardine sur son balcon), les conditions nécessaires ne sont donc réunies qu’à partir de la mi-mars au plus tôt, surtout si on commence sur le rebord d’une fenêtre. Pour accélérer le processus, certains ont recours à des mini-serres chauffées ou à des lampes horticoles. Je suis peut-être un peu vieux-jeu, mais je trouve que pour quelques plants (vous n’aurez guère la place d’en cultiver plus), on passe un peu à côté du côté naturel de la chose… Le bilan écologique d’une lampe même à LED me semble peu avantageux pour pouvoir (au mieux) récolter quelques semaines plus tôt…

Une approche différenciée

Je ne veux pas jeter la pierre à ceux qui ne peuvent plus attendre le printemps tant ils ont hâte de commencer la saison de jardinage sur leur balcon. Après des mois de grisaille, il est tout naturel d’avoir envie d’un peu de verdure.

Cependant, pour la plupart des espèces originaires de nos régions tempérées, il sera encore bien encore temps de faire des semis dans quelques semaines. Quelques jardiniers à la fibre scientifique ont même fait l’expérience de faire plusieurs semis de la même espèce mais décalés dans le temps. Ils ont alors constaté que les semis plus tardifs ont vite fait de rattraper les autres.

En effet, prenons l’exemple de la salade, une espèce bien de chez nous et pas particulièrement frileuse. Les graines de salade, ont besoin d’à peu près 6 semaines pour lever à une température de 5°c. En revanche, le tour est joué en une semaine à une température de 12°c… Vous voyez la différence ? Quand on pense que l’un des facteurs de succès des semis est la rapidité de la levée, cela fait réfléchir…

Les exceptions

Il existe des cas cependant où faire des semis à l’abri, bien au chaud sur le rebord de la fenêtre est recommandé voire indispensable. Certaines espèces, issues d’autres cieux, ont besoin de températures suffisantes pour germer. A l’extérieur la germination se ferait beaucoup trop tardivement pour espérer avoir des fruits ou des fleurs dans la saison. C’est le cas par exemple des poivrons, piments et aubergines ainsi que dans une moindre mesure des tomates. Les pétunias, bidens, lobelias, gazanias et impatiens ont-elles-aussi besoin d’un petit coup de pouce au départ. Les tagètes, calendulas, coreopsis et zinnias fleuriront également plus tôt s’ils sont semés en mars dans des conditions abritées.

Semer les piments en mars est souvent nécessaire
Photo par Krisztina Papp sur Unsplash

Cependant, il faudra passer par l’étape du repiquage dans des pots plus grands, ce qui est parfois une manipulation délicate et demande du matériel supplémentaire. Dans tous les cas, calculer la date des semis à partir de l’époque où vous pourrez sortir vos plants (en général à partir de mai) et de la durée moyenne de germination. Sinon, vos rebords de fenêtre pourraient ne plus suffire… Réservez-les donc en priorité aux espèces pour lesquelles ce traitement est indispensable et semez le plus tard possible. Pour les autres, installez vous confortablement dans un bon fauteuil avec une tasse de thé et profitez d’un bon livre de jardinage…

Et vous, quand commencez-vous les semis pour votre balcon-jardin ? Faut-il à votre avis commencer à semer en mars ou attendre tranquillement le bon moment ? Quelles expériences avez-vous faites ? Dites-nous tout dans les commentaires.

Photo par Kelly Sikkema sur Unsplash

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2 thoughts on “Semer en mars : est-ce bien raisonnable ?

  1. Super article ! J’adore le thème du blog! Je vais aller explorer les autres articles. Je ne suis pas pro en jardinage mais j’aime bien m’occuper de mes herbes aromatiques et de quelques fraisiers 😊.

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